Analyse du Q+, et les chevaux repérés pour la journée ( aucun copier/coller ). Tout connaître sur les courses : le B.A.-BA, les infos et articles hippiques sélectionnés...
L'Arc de Triomphe
est la course préférée de Christophe Soumillon. Dans ses rêves les plus fous, jeune, il a toujours espéré remporter LA COURSE DE L'ANNEE, comme il aime si bien le dire. Et lorsque en 2003, il
réalise son rêve avec Dalakhani, l'émotion était à son comble : «J'étais très confiant avant le coup, car j'ai toujours considéré Dalakhani comme un phénomène. J'ai trouvé la ligne
droite très longue car après avoir pris la tête, j'ai pensé l'emporter facilement mais Mubtaker lui a donné une sacrée réplique dans les 150 derniers mètres. Et au passage du
poteau, j'ai ressenti une émotion indescriptible. J'étais dans un état second, je me sentais porté par un ange.» Depuis, Christophe a toujours considéré cette victoire comme la plus
belle de sa carrière. Mais dans un coin de sa tête, il n'a qu'une seule idée, remporter une nouvelle fois cette prestigieuse épreuve. Il s'empare de l'accessit d'honneur avec Cherry Mix l'année
d'après. Vient alors une période assez creuse, où tour à tour Shawanda et Shirocco ne répondent pas à ses espérances alors qu'ils étaient en position de favoris. Pire, ils terminent à une
grande distance des premiers. D'abord Shawanda échoue radicalement alors qu'elle était annoncée comme la seule à pouvoir inquiéter Hurricane Run. Peine perdue, la pouliche se fait mal à l'entrée
de la ligne droite et ne peut exprimer pleinement son talent. Douze mois plus tard, c'est au tour de Shirocco, dans un jour sans, d'échouer radicalement. Il laisse la place à Rail
Link, l'autre Fabre. Une sacrée claque pour Christophe. En 2007, Mandesha, plus aussi performante qu'à trois ans, ne peut à aucun moment soutenir la comparaison dans la ligne
d'arrivée.
Mais ce jour-là,
Christophe Soumillon remporte le Prix Marcel Boussac en selle sur une certaine Zarkava : «J'ai tout de suite senti en elle un potentiel qui sort de l'ordinaire. Car, après avoir
gagné en débutant, elle passait directement à un groupe I. Elle m'a emballé d'autant que nous avions eu du mal à trouver l'ouverture à la distance. Puis elle a placé une fulgurante accélération
qui laissait présager un avenir radieux». Zarkava est alors considérée comme le grand espoir de l'écurie Aga Khan. Mais il va falloir confirmer. On en a vu des pur sang estimés passer
totalement à côté de leur année classique. Zarkava n'est pas de ce bois-là, elle surclasse l'opposition dans le Prix de la Grotte pour sa rentrée avant d'éblouir à trois reprises les observateurs
lors de ses succès prestigieuses dans la Poule d'Essai des Pouliches, le Prix de Diane et Vermeille. A chaque fois, Zarkava patiente à l'arrière-garde avant de pulvériser l'opposition. Tous les
superlatifs sont employés : «Elle est extraordinaire, magnifique, sensationnelle, exceptionnelle...» Maintenant, Zarkava n'a battu que les femelles. Dimanche, elle peut entrer dans
la légende en s'imposant dans le Prix de l'Arc de Triomphe, mais ce sera une autre paire de manches car cette fois, les trois ans mâles et les chevaux d'âge sont de la partie. En outre, aucun
pouliche de trois ans ne s'est imposée depuis 1982.
Et Christophe
Soumillon reste prudent, même s'il a confiance quant aux capacités de sa partenaire : «Zarkava est une pouliche exceptionnelle, qui a dominé sa génération de la tête et des
épaules. Pourtant, les statistiques ne nous sont pas favorables. Il y a bien longtemps qu'une femelle de trois ans n'a pas gagné l'Arc. Certes, elle a ébloui à chaque fois, j'ai souvent pris mon
pied lorsque je lui demandais d'accélérer, mais dimanche, les données sont différentes. Il y a les mâles et les vieux à affronter. Je vais certainement patienter en queue de peloton comme à son
habitude et venir dans la ligne droite. Des sujets comme Duke of Marmalade, Soldier of Fortune ou Vision d'Etat, ne vont pas nous attendre. Je ne sais pas comment elle va réagir lorsqu'il faudra
lutter dans la ligne droite contre des «durs» et répondre à mes sollicitations, elle qui n'a jamais eu à puiser dans ses réserves. Elle a la classe pour vaincre, c'est certain, mais je préfère me
concentrer, ne pas me disperser et m'enflammer avant la course. Mais après, si par bonheur, elle s'impose, alors là, on pourra employer tous les superlatifs la concernant. En quelque sorte, c'est
elle et à moi de jouer... » Christophe a remporté son premier Arc un 5 octobre, cette année l'Arc se dispute le même jour. Alors peut-être l'histoire va se répéter. C'est tout le mal
que l'on peut lui souhaiter !